Journée « Agissons ensemble, pour l’accueil des migrants » du 26 Mars 2022

Participation du CSR31 au Forum des Migrations organisé par le CCFD-Terre solidaire à l’occasion de cette journée, en présence d’Amin, membre du Centre Montalvo de la République Dominicaine. Un beau succès, avec 16 associations représentées et 55 personnes étaient présentes (sans compter les salariés CCFD).


Jeannine du CCFD a partagé les difficultés rencontrées par les personnes Roms en habitat précaire à Toulouse, les situations de discrimination vécues et les luttes individuelles et collectives pour les combattre.


En République Dominicaine un mur de 80 km est en construction entre Haïti et la République Dominicaine. En 2013, la cour constitutionnelle a annulé les actes de naissance des enfants de migrants haïtiens dont l’un des parents était sans papier. 200.000 jeunes sont alors devenus apatrides et sont fréquemment expulsés de manière expéditive par des bus-prisons; en quelques heures, ils sont emmenés à la frontière et renvoyés à Haïti, alors qu’ils n’y connaissent souvent personne.


Une belle après-midi, riche en échanges et découvertes, pour tous. C’est ainsi qu’un député a pris rendez-vous avec le coordinateur d’UTOPIA 56 à Toulouse, pour aller à la rencontre des familles le lundi suivant sur le terrain d’Atlanta.

Rapport sur l’accès à l’éducation pour tous

Sortie en janvier 2022 du rapport national « Scolarisation et grande précarité : l’accès à l’éducation pour tous » présenté par madame Sandrine MÖRCH, députée de la Haute-Garonne. Plusieurs acteurs toulousains, associatifs et enseignants, et des habitant·e·s ont contribué à ce rapport.

Le rapport confirme, sans les dénombrer, que de nombreux enfants ne sont
pas scolarisés ou très peu assidus. Il identifie des obstacles liés au statut
administratif des personnes, à leurs conditions de vie ou issus de
discriminations latentes.
Il formule des recommandations, en particulier :

  • Augmenter le temps en classe et d’accueil dans les unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants (UPE2A) et augmenter leur nombre en lycées
  • Réduire le délai d’affectation dans une classe
  • Augmenter le nombre de médiateur et médiatrices scolaires
  • Faciliter l’accès des parents à l’école via la multiplication et la diffusion des traductions des documents scolaires et la simplification d’accès aux outils numériques de l’éducation nationale.
  • Renforcer la lutte contre les préjugés et le harcèlement à l’école, en promouvant les interventions des associations et des personnes concernées
  • Permettre aux enfants de terminer leur cursus scolaire au-delà de 18 ans

Télécharger le rapport


Il alerte sur le morcellement des parcours scolaires dû aux expulsions. « Une expulsion c’est en moyenne six mois de déscolarisation ». Mais sans reprendre une des six demandes du collectif #EcolePourTous : une loi sur la trêve scolaire permettant de suspendre les expulsions des lieux de vie pendant l’année scolaire.


Enfin, de véritables mesures pour résorber les situations de précarité des personnes qui vivent en bidonvilles et squats, lèveraient de nombreux freins à la scolarisation et au bien-être des enfants. Le CSR31 soutient la demande de Romeurope d’un outil législatif pour appliquer localement l’instruction du 25 janvier 2018 sur la « résorption des campements illicites et des bidonvilles ».

Insécurité durable

Fin décembre 2021, un nouvel incendie a touché un terrain stabilisé pour lequel la Mairie avait refait l’installation électrique il y a plusieurs années. Une partie du tableau électrique a brûlé et le poteau électrique le plus proche a pris feu avant l’intervention des pompiers.

©Photo : CSR31

Heureusement, aucun décès ni blessé à la suite de cet incendie, les personnes ont eu le temps de sortir des caravanes dont plusieurs ont été entièrement détruites. Parmi les familles touchées, 9 personnes dont 2 nourrissons et 1 enfant de 8 ans avait déjà dû affronter un incendie détruisant leurs caravanes à l’été 2020. Le partenaire associatif mandaté pour l’accompagnement social du terrain a immédiatement fait une demande d’hébergement pour la famille. La Mairie de Toulouse et la Maison des Solidarités du Conseil Départemental ont été interpellées au sujet de cette situation. Aucun logement n’a été trouvé et il a été demandé à la famille d’appeler le 115 tous les jours. La famille est choquée et dans une grande détresse. L’accès aux soins des enfants devient encore plus incertain malgré la mobilisation des acteurs de santé associatifs et institutionnels. 

Expulsion : Communiqué de presse Médecins du Monde

Destruction d’un bidonville à Toulouse : ce jeudi 07 octobre 2021, 80 personnes qui vivaient sur le terrain d’Atlanta ont été expulsées sur décision du préfet de la Haute-Garonne.

Réveillés à 6h du matin par la police, ces hommes, ces femmes et ces enfants n’ont eu que quelques heures pour rassembler leurs affaires. Médecins du Monde dénonce ces pratiques inhumaines et indignes qui
entraînent aussi la rupture des parcours de soins et de scolarisation.
Voir le communiqué de presse ci-dessous.

Festival « Toulouse en Liberté » le 25 septembre 2021

Le CSR était présent à la prairie des filtres pour le festival Toulouse en Liberté organisé par la LDH.
Nathalie représentait le CSR31 à ce rendez-vous annuel et convivial qui permet d’échanger, discuter
et découvrir ce que réalisent la LDH et ses partenaires, et de rencontrer les femmes et les hommes
qui s’engagent pour les droits et les libertés. Une sensibilisation aux discriminations vécues à
Toulouse et en France par les personnes d’origine Rom a pu être faite au stand du CSR31.

Mobilisation des habitantes et habitants d’un terrain

Après avoir reçu une décision de justice leur signifiant une expulsion de leur lieu de vie, les habitant·e·s d’un bidonville ont adressé en juin 2021 une lettre au Maire de Toulouse et à la Préfecture de Haute-Garonne.

Leur demande portait sur l’application de l’instruction du gouvernement du 25 janvier 2018, en expliquant tous leurs « efforts possibles pour s’inscrire dans la vie de la ville malgré des conditions de vie extrêmement difficiles sans accompagnement social institutionnel coordonné ».

Leur demande n’a pas été prise en compte et ils n’ont jamais reçu de réponse.

Conséquences d’une opération préfectorale collective

Les habitants d’un bidonville d’une centaine de personnes ont alerté un partenaire associatif d’une intervention de contrôle par les services de la Préfecture. Vingt agents sous la conduite d’une coordinatrice et encadrés de policiers ont frappé aux portes des habitations et ont exigé la présentation de tous les papiers officiels.

Un recensement complet a été effectué. Les adultes ne pouvant produire immédiatement un contrat de travail se sont vu délivrer une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) et aussi confisquer leur pièce d’identité.
Les arguments relatifs à un contrat en cours de signature, la scolarisation régulière des enfants, l’état de santé des personnes n’ont, semble-t-il, pas été retenus. La pièce d’identité ne sera remise qu’après appel de la personne à la préfecture et production d’un contrat de travail effectif ou d’un titre de transport pour le retour en Roumanie, le tout dans un délai légal de 30
jours. L’expérience montre qu’un contrat ne peut être signé en absence de pièce d’identité, à moins que l’état ne se porte garant de l’identité des personnes auprès des employeurs. Les familles ayant des ressources suffisantes ou pouvant emprunter vont repartir en Roumanie.
Pour les autres, pas de solution sinon disparaître et se retrouver dans des situations intenables sans pièces d’identité disponibles. Outre la violence de cette intrusion dans la sphère des familles, aucune considération n’a primé par rapport aux cas particuliers. Plus de trois ans d’efforts des familles et des associations accompagnantes pour l’accès à l’école, la santé, le
travail et le logement sont anéantis.

Une enfance entre expulsion, insalubrité et Covid

Camelia a 5 ans quand une puéricultrice bénévole la rencontre à côté de la caravane de ses parents sous un pont dans une zone périphérique isolée. Des liens sont faits avec la PMI pour elle et sa petite sœur de 1 ans et avec un médiateur scolaire. Elle commence à aller à l’école amenée par son Papa mais les nombreuses visites policières depuis le début de l’installation deviennent quasi quotidiennes après la remise par un huissier d’une décision d’expulsion du tribunal (à la demande du propriétaire, la mairie). Aucune solution n’est proposée à cette famille qui finit par abandonner son lieu de vie et chercher un autre terrain. La scolarisation et les soins s’arrêtent. Le Papa ne peut plus exercer son activité professionnelle informelle (mécanicien).

La famille est retrouvée quelques semaines plus tard sur un bidonville sans eau, sans ramassage des ordures ménagères et sur lequel des branchements électriques dangereux ont déjà provoqué plusieurs incendies. La Maman est interpellée par la police à la borne incendie située à 800 mètres du terrain et est menacée de verbalisation si elle continue à venir chercher de l’eau. Elle est en grande détresse, plusieurs visites et accompagnements, nécessaires pour elle et les enfants sont assurés par les bénévoles en lien avec les partenaires. Camelia retourne à l’école.

Photo MDM

A l’automne 2020, l’école signale qu’elle ne vient plus à cause de douleurs dentaires. Le renouvellement de la couverture maladie faite en début d’année est toujours en attente et les soins dentaires ne sont donc possibles que dans un service spécialisé de l’hôpital (la Pass dentaire) qui ne fonctionne que de façon très restreinte à cause de l’épidémie de Covid. Après plusieurs mois, un accompagnement à la consultation dentaire est organisé et permet des soins adaptés et un soulagement pour Camelia qui peut retourner à l’école.

Témoignage issu du Rapport d’Activité 2020 de Médecins du Monde

Être enfant et vivre dans la peur

Environ 1 mois après la fin du premier confinement, Andrean et deux autres jeunes habitants d’un bidonville sont interpellés devant leur lieu de vie par trois hommes inconnus circulant à bord d’une voiture individuelle. Un des hommes leur dit qu’il est le propriétaire du terrain et leur demande de quitter les lieux.

Photo MDM

La voiture s’éloigne, ses occupants s’adressent à deux habitantes du bidonville et un premier coup de fusil part. Une des femmes leur dit de ne pas tirer, qu’il y a un enfant avec elles. La voiture revient vers l’entrée du terrain et deux autres coups de fusil sont tirés. Une balle siffle à l’oreille d’Andrean. Des habitants mettent à crier et pleurer mais heureusement personne n’est blessé. L’homme qui a tiré menace de revenir et la voiture part à grande vitesse, personne n’a pu relever le numéro d’immatriculation. Un habitant prévient une association, qui contacte un avocat et des associations de défense des droits de l’homme. Andrean et ses 2 copains sont sous le choc. Leurs parents n’oseront pas se rendre au commissariat pour porter plainte du fait de la grande précarité dans laquelle ils vivent. Les habitants, adultes et enfants, vivent dans la peur d’une nouvelle attaque.

Témoignage issu du Rapport d’Activité 2020 de Médecins du Monde