Lundi 2 octobre 2017, la mairie de Toulouse et la préfecture, accompagnés des forces de l’ordre, 6 cars de CRS et 4 véhicules de Police, ont procédé à l’expulsion du bidonville situé impasse Barthe où vivaient une centaine de personnes. La mairie annonce que 77 personnes ont été prises en charge. Pour la moitié d’entre elles, cependant, cela signifie deux nuits d’hôtel suivies d’une mise à la rue. Certaines ont refusé cette solution. A d’autres, on a proposé une colocation avec des familles expulsées le même jour d’un autre lieu, et convoquées dans le même gymnase. De nombreuses personnes, par ailleurs, pourtant présentes depuis des années, ne se sont vu proposer aucune solution. Au soir de l’expulsion, 35 personnes se retrouvent à la rue sans aucune solution d’hébergement dont cinq enfants, des adultes malades et une dame enceinte. Elles dorment à même le sol, à quelques mètres de leur lieu de vie totalement détruit, où la veille encore, les mamans préparaient le repas et les enfants jouaient. Les animaux domestiques présents sur le bidonville ont tous bénéficié d’un abri et de nourriture.

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Au départ, une volonté : expulser tous les bidonvilles de Toulouse en proposant des hébergements aux habitants.

En pratique :

  • une partie des habitants expulsés n’a eu aucune solution d’hébergement, parmi eux des familles avec de jeunes enfants et des personnes gravement malades ; ils ont créé de nouveaux bidonvilles ou ont grossi les lieux existants
  • certaines personnes hébergées et ayant des capacités correspondant au niveau exigé ont pu accéder à des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi et/ou vont accéder à un logement
  • les autres, nombreux, les plus vulnérables, peuvent au moins bénéficier d’un toit et de conditions de vie plus décentes. Mais ils se retrouvent en grande difficulté dans leur hébergement dès qu’ils doivent faire face à une situation de vie complexe : décès d’un proche, maladie, handicap bloquant l’accès au travail, par exemple.

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Le Collectif ROMEUROPE communique sur la nécessité de la médiation scolaire pour les enfants touchés par l’exclusion …
Le cumul des difficultés pour les enfants et adolescents vivant en habitat précaire, en parties liées aux expulsions à répétition, appelle une réponse adaptée. Le parcours du combattant de leur scolarisation nécessite pour eux et leur famille un médiateur qui soit à l’interface avec les institutions. En même temps, les problèmes de conflit entre parents et enfants, de perte d’estime de soi, de mariage précoce ou autres requièrent une intervention qui relève plutôt de la protection de l’enfance. Placer l’intérêt du mineur au centre implique d’aborder ces deux aspects ensemble, de décloisonner les interventions.
Pour aller plus loin :http://www.romeurope.org/la-mediation-educative/

Le signal est donné par la police qui petit à petit occupe les lieux.

Côté rue Louis Bonin, les cars de CRS se garent entre les bus de la ligne L1 et le talus entourant le terrain. Un habitant demande pourquoi il n’a pas eu de cartons, d’autres plus loin en ont eu. Sera-t-il quand même relogé ? « Vous allez partir au gymnase et on vous dira si vous êtes sur la liste ». « Allez, il faut y aller, marchez le long du chemin pour rejoindre le bus ».  « On vous donnera un petit déjeuner ». Personne de la mairie ou de la préfecture, seulement un huissier qui prend des renseignements par téléphone. Pas un seul traducteur présent. Le bus va-t-il venir sur le terrain ? Les camions prévus pour les cartons ou bagages vont-ils passer ?  Pendant que les policiers répondent que non, un des camions se gare devant les familles. Faut-il emmener ses bagages avec soi ou pas, l’information n’est pas très claire. Au final, certaines familles prennent leurs cartons, d’autres les laissent sur le campement. Certaines se plaindront ensuite que les cartons ont été ouverts entre temps et que certains auraient disparus.
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22 mars 2017

Journée Mondiale de l’EAU

 

 
 

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Lire la lettre ouverte au maire de Toulouse et au préfet de la Haute-Garonne qui accompagne ce diagnostic 

Carte au Père Noël

Publié: 18/12/2016 dans vie quotidienne

CARTE AU PERE NOELPour Noël, des enfants toulousains ont demandé un cadeau original et précieux:

DE L’EAU !!!

C’est en effet leur dernier espoir après des années d’attente pour accéder à ce droit fondamental et indiscutable. Comme disait l’un des Papas, amèrement déçu par l’absence de réponse positive d’un élu: « Pourquoi parler pendant des heures de ce qui a été fait pour d’autres quand on demande seulement que nos enfants puissent se laver pour aller à l’école »? C’était en janvier 2016, à la mairie de Toulouse, depuis rien n’a changé. Ils restent plusieurs dizaines à être exposés, dès la toute petite enfance, aux virus, bactéries et polluants. Ils ne peuvent appliquer les mesures d’hygiène élémentaires enseignées par toutes les campagnes de prévention car ils n’ont même pas accès à un robinet d’eau froide! Le raccordement à l’eau, ou toute autre solution, leur est refusé sous prétexte que leur situation serait temporaire.
Mais 2 années pour un enfant de 4 ans, ce n’est pas temporaire, c’est la moitié de la vie! Qui serait capable d’affirmer le contraire? Alors, ces enfants rêvent et se disent que leur souhait sera peut être exaucé…
Chut! Ne leur dites rien, laissez les rêver!!

Collectif Solidarité Roms
c/o Médecins du Monde
5, bd de Bonrepos
31000 Toulouse
collectifsolidariteroms31@gmail.com
Toulouse le 15 septembre 2016
 
Monsieur le Maire,
Monsieur le Préfet,

Lettre ouverte au Maire de Toulouse et au Préfet de la Haute-Garonne,

En dépit des annonces faites durant l’été par la Mairie de Toulouse et la Préfecture de HauteGaronne, la santé des enfants et de nourrissons vivant en bidonvilles à Toulouse reste toujours en grave danger. Lors des fortes chaleurs de juillet, août et septembre 2016, de larges messages de prévention ont appelé à rester au frais et à boire abondamment. Des dizaines d’enfants se retrouvent cependant en situation d’expulsion, sans solution de relogement et sans approvisionnement en eau potable, ni par la municipalité ni par l’Etat. L’approvisionnement aux bornes à incendie préconisé par la Mairie de Toulouse est soit techniquement impossible soit réprimé par la Police.

Aux risques d’incendie, d’intoxication et d’accident domestique s’ajoutent ceux de déshydratation et d’épidémies gastro-intestinales. Les dommages visibles sur le développement et le bien-être des enfants s’aggravent de jour en jour.

Malgré les appels au 115, les sollicitations répétées auprès de la Mairie et de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale devant ces dangers imminents, pas un seul hébergement ou logement n’a pu être proposé à ces dizaines d’enfants et leurs familles. Pourtant, dans le même temps, pour évacuer un site bloquant un projet urbain immobilier, plus d’une centaine de logements ont pu être mis à disposition en deux jours. Cela empêche-t-il de répondre aux situations de détresse aigüe qui persistent ? Faut-il attendre un ou plusieurs drames pour traiter dignement tous les enfants présents dans la ville ? La tâche est-elle trop écrasante face aux moyens d’une grande métropole française ?

Les solutions existent donc bien, seule manque la volonté de les mettre en œuvre immédiatement en réponse aux appels à l’aide lancés par les familles. L’accès à des conditions de vie minimales ne peut dépendre des agendas politiques et institutionnels. Ces familles attendent elles aussi d’être reconnues dans leurs droits fondamentaux et sont prêtes à vous rencontrer dès demain matin.

Le Collectif Solidarité Roms de Toulouse

chapelle 4Le samedi 21 mai dernier, le Collectif Solidarité Roms (CSR) et des habitants vivant en bidonville ont organisé un évènement festif à la Chapelle (lieu culturel et associatif qui programme divers évènements). Cette journée avait pour but de permettre aux habitants des terrains de se rencontrer et d’avoir un espace de parole pour mettre en exergue les conditions de vie en bidonville. Au programme, court métrage, débats, témoignages, musique des Balkans, danses, ateliers cuisine et initiation à la langue roumaine, romani et bulgare.

Pour retracer cette journée, interview de Cornel, un jeune qui a participé à l’organisation de l’évènement et qui a réalisé une exposition de photos pour montrer sa vie en caravane, sur un des bidonvilles de Toulouse.

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Quelques photos des moments forts de cette journée
jasha-repas Préparation des plats pour le repas partagé    Lire la suite »